9 septembre 2010
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Abonnez-vousL’exposition Bagnes d’enfants, campagnes médiatiques XIXe et XXe siècles organisée par l‘École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) et l’Association pour l’histoire de la protection judiciaire des mineurs (AH-PJM), qui a déjà été présentée à la Ferme de Champagne à Savigny-sur-Orge au printemps dernier et à partir de laquelle nous avons réalisé un dossier sur les bagnes d’enfants (Lien Social n° 963), sera présentée au CRFMS-Erasme complexe scientifique de Rangueuil - 23, rue Edouard Belin à Toulouse du 20 septembre au 1er octobre et à l’ANRAS CEP Saint-Jean du Caussels à Albi
L’Ones (organisation nationale des éducateurs spécialisés) demande l’organisation d’examens de rattrapage pour compenser les ratés au démarrage de la nouvelle formule du DEES. En effet, le taux d’échec qui avoisine les 25 % en moyenne, mais qui peut s’élever à 50 % dans certaines écoles, est le double des résultats habituellement obtenus. De nombreux étudiants qui avaient de bons voire de très bons résultats pendant l’année ont échoué à l’examen. Inquiète de cette situation, l’Ones a lancé une enquête pour essayer de comprendre les raisons de cet échec. 420 témoignages, émanant d’étudiants et de personnes ayant assumé les fonctions de jury à l’examen ou de formateurs, sont parvenus à l’organisation. Ils peuvent être consultés en détail sur le site de l’Ones.
Trois causes principales apparaissent : des centres de formations n’ont pas pu s’approprier suffisamment la réforme du DEES, des jurys n’étaient pas assez préparés à ce nouveau cadre d’examen et le nouveau diplôme s’appuie sur un référentiel métier de tous les savoir-faire liés au métier d’éducateur spécialisé « qui se trouve en décalage, dans certains de ses aspects, avec des valeurs et principes déontologiques des professionnels de terrain ». Par ailleurs, le nouveau système de notation où une seule note en dessous de la moyenne est éliminatoire, est vivement critiqué. L’Ones demande à la DGCS (direction générale de la cohésion sociale) et à la DGESIP (direction générale pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle) l’organisation d’une session de rattrapage pour les étudiants ayant échoué. L’occasion de rappeler l’importance de la constitution d’un comité de suivi de la réforme auquel l’Ones entend participer, afin d’« évaluer sa pertinence et son adaptabilité au terrain ».
L’union des syndicats et groupements d’employeurs représentatifs dans l’économie sociale (Usgeres) et quatre confédérations syndicales de salariés viennent de signer un accord sur la prévention des risques psychosociaux, dont le stress au travail, dans l’économie sociale. Il s’agira essentiellement d’identifier les situations de travail pouvant générer du stress, et de renforcer le dialogue social sur le sujet.
En cette époque de rentrée scolaire, la Défenseure des enfants, Dominique Versini, s’inquiète du sort des enfants des Gens du voyage et des Roms. Elle rappelle ainsi que les enfants des Voyageurs, dont les familles sont françaises, doivent bénéficier d’une scolarité adaptée à l’itinérance, et que les enfants roms, européens, vivent actuellement des retours forcés — où leur scolarisation sera incertaine — après avoir vu l’écrasement de leurs abris de fortune, l’interpellation de leurs parents, etc. « Ces méthodes d’évacuation des campements, réalisées dans le cadre d’une sur-médiatisation voulue par les pouvoirs publics ont soulevé inquiétude et indignation chez les acteurs en charge de l’enfance », observe la Défenseure.
Au moment où le RSA jeunes se met en place (pour ceux qui justifient déjà de deux ans d’emploi), près d’un jeune de moins de 25 ans sur cinq (17, 8 %) connaît le chômage de longue durée, selon une étude du ministère de l’Emploi. Le nombre de jeunes inscrit à Pôle Emploi depuis plus d’un an a augmenté de 72 % en deux ans. En outre, l’étude montre que 26 % des jeunes relevant des missions locales sont en souffrance psychique, 7 % présentant un état dépressif avéré, avec un risque de suicide quatre fois plus élevé que pour les jeunes actifs. Le Bureau international du travail (BIT) évoque à ce propos le risque d’une « génération perdue » et « une menace pour la cohésion sociale »…
Mi-juillet, la Défenseure des enfants a rendu un rapport intitulé « Enfants délinquants pris en charge dans les centres éducatifs fermés : 33 propositions pour améliorer le dispositif ». En alternative à l’incarcération, les quarante CEF accueillent des adolescents récidivistes âgés d’au moins 13 ans et soumis à une mesure pénale. Les principales interrogations, selon le rapport, tiennent au profil des adolescents accueillis et à l’appauvrissement du dispositif éducatif. En effet, la Défenseure a pu constater que les ados confiés aux CEF n’étaient pas forcément récidivistes : plus du quart d’entre eux n’aurait aucun casier judiciaire… « Cette dérive tient à plusieurs causes, parmi lesquelles l’absence d’autre solution alternative à l’incarcération ».
Les propositions sont regroupées en quatre thèmes : mettre en cohérence les CEF avec les droits fondamentaux des enfants ; préserver le parcours des jeunes en permettant la poursuite des mesures éducatives au-delà de 18 ans ; garantir la présence de pédopsychiatres au sein des structures ; optimiser le dispositif de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) en termes de moyens.
Qui a parlé de surenchère ? « Toute violence verbale à l’école entraînera une procédure disciplinaire », a décidé Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, le 26 août, lors d’une réunion avec les équipes mobiles de sécurité mêlant personnels de l’institution scolaire et policiers. Par ailleurs, la commission de vie scolaire sera institutionnalisée, pour examiner la situation d’élèves « au comportement inadapté ». Il est enfin question de développer les sanctions alternatives, telles que les mesures d’utilité collective.
Le rapport annuel de Romeurope sur la situation des Roms migrants en France tombe à pic. Alors que ces Roms sont actuellement l’objet de tous les amalgames, jugements racistes et violations du droit, Romeurope note, en préambule de son rapport, que « L’évolution actuelle des politiques et des discours est alarmante car elle accentue la précarité en même temps qu’elle favorise des comportements racistes ou xénophobes ». Ils n’avaient pourtant pas besoin de cela. Le rapport liste un nombre accablant de droits bafoués : non-accès au circuit classique du logement, création d’un habitat « adapté » de type caravane alors que cette population est depuis longtemps sédentaire dans son pays d’origine ; non-accès à l’école pour les enfants, souvent en raison des expulsions, des refus ou retards d’inscription ; exclusion des dispositifs d’accès à l’emploi, des structures de soins… Le tableau est noir. Romeurope rappelle que « comme ressortissants européens, citoyens roumains ou bulgares, demandeurs d’asile ou sans papiers, comme sans abri, demandeurs d’emploi ou malades, comme enfants d’âge scolaire, parents en situation précaire ou mineurs isolés, ils bénéficient de droits et libertés inaliénables à respecter comme pour tout autre individu présent en France ». Le collectif souligne qu’il n’existe pas de « problème Roms » qui mériterait « des dispositions dérogatoires ou mesures particulières, le droit commun doit demeurer la règle. Ceux qui parviennent à trouver un emploi, à accéder à un logement, à avoir leurs enfants scolarisés se fondent dans le paysage comme les autres migrants ».
« Lorsque je suis arrivée ici, il n’y avait que la maladie. L’école, mon avenir n’existaient pas. Maintenant, ça a changé, la maladie est passée au second plan », raconte une adolescente filmée par Sylvain Bouttet. Ici, c’est Toul ar C’hoat, le seul centre en France où des enfants et des adolescents épileptiques sont accueillis d’une façon spécifique. Situé à Chateaulin dans le Finistère, Toul ar C’hoat est une institution vieille de cinquante ans et qui associe sur le même lieu médecine, psychologie, éducation et socialisation. Une bouffée d’air pour ces jeunes souvent fâchés avec l’école et qui rencontrent dans la vie quotidienne des difficultés à se faire des amis. Si la surveillance médicale est très importante et très pointue, les enfants apprennent aussi à apprivoiser leur maladie et surtout, à ne pas la vivre comme un stigmate.
Dans son documentaire, Sylvain Bouttet donne la parole à ces jeunes mais aussi à l’équipe de professionnels qui les aide à grandir.
Une enfance en absence
Documentaire français de Sylvain Bouttet (53 ‘)
Diffusion le 4 août 2010 dans La case de l’oncle Doc (France 3) vers 22h50.
En 2009, à cette même période, les salariés du Ctnerhi, unique centre de recherche spécifiquement dédié au handicap en France, lançaient une pétition contre la disparition annoncée du Ctnerhi.
« Les nombreux soutiens nous ont même permis de croire que notre combat était gagné » précisent les salariés dans un communiqué. En témoignent : l’annonce publique de la reprise intégrale du Ctnerhi par l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), faite par le secrétaire général du Comité interministériel du handicap (CIH) devant le CNCPH au mois de décembre 2009 ; les réponses similaires faites par le ministère de la Santé aux questions posées par les députés au sujet du Ctnerhi à l’Assemblée nationale ; l’étude par l’EHESP et le Ctnerhi des modalités de la reprise (projet de convention entre les deux partenaires, étude des contrats de travail, des postes occupés, rencontre des salariés avec les ressources humaines de l’EHESP…).
Mais voilà tout est remis en question. En effet la reprise annoncée comme assurée est désormais gravement remise en cause : l’EHESP ne disposerait pas en 2011 des moyens, en termes de postes, promis par l’administration. Et le Ctnerhi risque à nouveau de disparaître corps et biens.
Les salariés viennent de lancer une nouvelle pétition pour sauver les missions du Ctnerhi.
Créé en 2007, Base élèves est un énorme fichier informatique contenant des données à caractère personnel, dont le lieu de naissance des élèves ou leur cursus scolaire. Initialement, la nature des données collectées était carrément exhaustive : pourquoi ne pas s’en servir, par exemple, pour repérer un élève sans papiers ? Certes, les critères ethniques avaient rapidement disparu. Pour autant, les associations et les parents avaient dénoncé auprès de la Justice quelques infractions aux règles de la Commission nationale Informatique et libertés (CNIL) et au Code pénal à propos de la sécurisation des données. 2013 plaintes avaient été ainsi déposées par le collectif national de résistance à cette base de données. Résultat plus que décevant : même s’il reconnaît quelques failles dans le dispositif, le procureur n’a pas retenu ces motifs de plainte. Le collectif ne compte évidemment pas en rester là. Une plainte devant le juge d’instruction est à l’étude et un recours au Conseil d’État a été déposé.
« Ils ont osé ! » s’insurge l’Apajh. François Baroin, ministre du Budget, a annoncé le 6 juillet, entre autres mesures de rigueur, le report de l’augmentation de l’allocation adulte handicapé (AAH). Elle devrait désormais se faire en 6 ans et l’augmentation initialement prévue de 4,5% l’année prochaine sera finalement de 3%, laissant toujours l’AAH au-dessous du seuil de pauvreté fixé à 910 €. Pourtant, cette augmentation avait été une ferme promesse de campagne de Nicolas Sarkozy qui s’était engagé à une revalorisation de 25 % sur cinq ans. En 2008, suite à la manifestation du collectif Ni pauvre, ni soumis qui avait rassemblé 30 000 personnes dans les rues de Paris, le président avait confirmé cette mesure. « Il est aujourd’hui lamentable de constater que le président de la République et le gouvernement ne tiennent pas parole et qu’une fois de plus, on taxe les personnes les plus fragilisées » s’exclame l’APF.
Le montant de l’AAH est aujourd’hui de 696,63 € par mois. Le collectif Chroniques associés qui regroupe des personnes touchées par une maladie chronique souligne que « cette mesure est une goutte d’eau pour les finances publiques mais un drame au quotidien pour les personnes concernées ».
En Seine-Saint-Denis, depuis vingt-six ans, le service éducatif Espace vie adolescence (EVA) offre un lieu de parole, d’écoute et de soins à des jeunes filles en grande difficulté (voir LS 972). Menacé de fermeture, il est toujours en danger. « Contrairement aux déclarations de la Direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse d’Ile-de-France (DIRPJJ), EVA risque de fermer ses portes au 1er septembre, dénonce le Mouvement Français pour le planning familial (MFPF) partenaire de la première heure de cette structure gérée par la PJJ. Il souligne l’absurdité de cette situation alors même que le gouvernement a déclaré la lutte contre les violences faites aux femmes Grande cause nationale 2010. « A ce jour, nous sommes en attente d’engagements fermes et écrits de la part de la DIRPJJ quant à l’assurance de moyens financiers, de locaux et de personnel pour assurer la transition entre l’équipe actuelle et un éventuel repreneur institutionnel et/ou associatif. » Le planning familial attend qu’une solution soit trouvée lors de la rencontre prévue entre le directeur de la DIRPJJ et le Préfet à l’égalité des chances de Seine-Saint-Denis. EVA effectue chaque année 1 500 accueils de jeunes filles en difficulté. Pour soutenir ce lieu unique en France, une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 700 signatures.